Piscine Tournesol - TIXE
- 09 May, 2026
Des volutes de vapeur flottent à la surface de l’eau, baignant la pièce dans une atmosphère de sauna. Des gouttelettes de sueur dégoulinent sur son front. A la surface, des vaguelettes viennent lécher les cuisses de Liz.
Le panneau au-dessus de la porte clignote. TIXE.
En baissant les yeux, elle découvre une poignée métallique sur la porte.
Tu vois, tu peux changer les choses. Merci pour ce cadeau, ça va être encore meilleur.
Elle agrippe la poignée et essaye d’ouvrir la porte. Dans l’eau, elle a l’impression de devoir tirer dix fois plus fort. Avec un effort qui lui demande ses dernières ressources, elle arrive à l’entrebâiller légèrement.
Liz continue de tirer et la porte pivote sur ses gonds.
Hahaha.
Derrière, un mur carrelé condamne la sortie.
HAHAHA.
C’est mignon, elle a presque conscience que vous êtes là. Vous qui lisez ces lignes. Vous lisez dans ses pensées. Moi, je lis dans les vôtres, vous savez ? C’est ça qui rend ces proies si délicieuses. Leur peur, leur anxiété, leur panique. Elles y pensent. Vous les lisez. Je les lis en vous.
Le panneau vert continue de clignoter. TIXE.
L’avantage, pour moi, c’est que vous n’êtes jamais bien malins. Vous finissez toujours par m’écouter sans trop réfléchir. TIXE, vraiment ?
L’eau continue de monter, forçant Liz sur la pointe des pieds. Elle bascule la tête en arrière, essayant de garder le visage hors de l’eau. L’air chaud et humide rend la respiration difficile. Elle a l’impression de suffoquer.
Elle va se noyer. Comme les autres. Je pourrais remplir ses entrailles. Vous savez sûrement que l’eau représente plus de la moitié d’un corps humain. Je vais la remplacer. M’immiscer dans tous ses organes. Prendre le contrôle.
TIXE.
Liz flotte à la surface de l’eau, qui continue de monter. Bientôt, les quelques centimètres qui la séparent du plafond seront aussi inondés. Elle essaye de prendre une dernière bouffée d’air avant d’être submergée. Des larmes coulent sur ses joues.
J’aime bien les garder conscients. Présents. Je prends le contrôle de leur corps, comme un marionnettiste, mais je veux les garder avec moi. Ils paniquent toujours lorsqu’ils se rendent compte que c’est trop tard. C’est comme des épices. Je les dévore de l’intérieur, petit à petit. Je commence par les parties qui ne sont pas vitales. Ils sentent la douleur, mais ils ne peuvent rien y faire. Leur effroi explose comme autant de saveur.
Poussée contre le plafond, elle prend une dernière inspiration avec d’être complètement submergée.
Sous l’eau, le panneau vert disjoncte dans un éclat. Le texte TIXE s’éteint.
Bon appétit.